Anem Òc per la lenga occitana
Soutien à la manifestation du 22 octobre
(Paru dans LeMinervois du 29/09/05)
La langue occitane, comme toutes les langues, est un trésor de l'humanité. Vieille d'environ douze siècles, elle est porteuse des multiples héritages qui l'ont façonnée. Véhiculée par des millions de locuteurs aux cours des âges, des plus humbles aux plus illustres, elle doit rester un outil de la pensée au service de la communication la plus courante jusqu'aux plus hautes créations artistiques. Victime du préjugé social imposé par les classes dominantes depuis quatre ou cinq siècles, l'occitan doit recouvrer sa dignité de langue aux yeux de tous. C'est une cause individuelle 'autant que collective. Les pouvoirs publics doivent prendre toute la mesure des enjeux posés par les langues de France autres que le français. Surtout lorsque le président Chirac défend haut et fort la diversité culturelle à travers le monde. [...] Jusqu'à présent, à cause du carcan idéologique porté par ses élites, la France a été incapable de valoriser son très riche patrimoine linguistique, pourtant le
plus diversifié d'Europe. Elle a préféré sacrifier ses propres langues sur l'autel de la sacro-sainte langue française. Nous y avons tous beaucoup perdu. En contrepartie, qu'y avons-nous réellement gagné? Même blessées, les langues dites "régionales" réagissent comme n'importe quel être vivant: elles se défendent. Elles en ont le droit et le devoir, au nom du bien le plus précieux porté par le genre humain: la pluralité des cultures et des civilisations. Défendre l'occitan, c'est défendre toutes les langues sans exception, y compris celles que nous n'entendrons jamais. Pour cette raison, il faut être les plus nombreux possibles à manifester le 22 octobre prochain à Carcassonne.
plus diversifié d'Europe. Elle a préféré sacrifier ses propres langues sur l'autel de la sacro-sainte langue française. Nous y avons tous beaucoup perdu. En contrepartie, qu'y avons-nous réellement gagné? Même blessées, les langues dites "régionales" réagissent comme n'importe quel être vivant: elles se défendent. Elles en ont le droit et le devoir, au nom du bien le plus précieux porté par le genre humain: la pluralité des cultures et des civilisations. Défendre l'occitan, c'est défendre toutes les langues sans exception, y compris celles que nous n'entendrons jamais. Pour cette raison, il faut être les plus nombreux possibles à manifester le 22 octobre prochain à Carcassonne.
Jean Vaquer Préhistorien, président de l'ADREUC association pour le développement des rencontres et échanges universitaires et culturels, Carcassonne.
Dominique Baudreu Médiéviste, CAML, centre d'archéologie médiévale du Languedoc.
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